Le projet
Une toiture courbe unique — organique, fluide — qui protège du soleil tropical, ventile naturellement, intègre les bassins dans sa surface, et dialogue avec le lagon qui est à dix mètres. Les murs en terre compactée rouge : la couleur de la terre de Mayotte. L'architecture ne décorait pas l'île. Elle s'y intégrait comme si elle en avait toujours fait partie.
Le chef d'agence a choisi un autre projet. Plus sage. Moins audacieux et plus "facile à mettre en oeuvre". Il fut refusé par le jury et il est déjà
oublié.
Ces images, elles, continuent de tourner.

La vague
Vue du ciel. L’océan Indien est couleur cuivre. Posé au bord de l’eau, une forme claire et fluide – ni bâtiment, ni sculpture, quelque chose entre les deux. La forme ondule, ses courbes épousent la ligne du rivage comme si elles avaient toujours été là.
Ce tableau dit une chose : cette architecture n’a pas été construite sur l’île. Elle en est sortie.
Vibration : L’appartenance. Le sentiment que ce bâtiment est une évidence géographique.

La vague
Ce n’est pas un toit. C’est une vague figée. Elle ondule, elle accueille, elle protège du soleil tropical. L’architecture ne lutte pas contre le climat, elle danse avec. Elle vibre de l’identité mahoraise, de la fluidité du lagon.
Vibration : L’émotion de voir un bâtiment public qui parle le Mahorais. La sensation d’être compris, respectés.
Le résultat
Le concours a été perdu. Le projet qui fut présenté est banal, perdu et déjà oublié.
Ces images continuent de circuler parce que la vibration, elle, ne ment pas.
Parfois, le projet qu'on n'a pas eu la chance de construire dit plus sur ce qu'on sait faire que dix projets livrés.